DECISIONS ET VŒUX

SYNODE REGIONAL

EGLISE REFORMEE DE France

En  PACCA

Marseille

les 20, 21, 22 novembre 2009

Vœu n° 1

Débat sur l’identité nationale

Le synode régional de l’Eglise réformée de France en PACCA, réuni à Marseille les 20, 21 et 22 novembre 2009,

  1. conscient des changements et des incertitudes liés à la crise mondiale financière, économique et sociale et à la mondialisation,
  2. reconnaissant de l’ouverture d’un débat à l’échelon national qui permet le dialogue de toutes les composantes de la société en France,

souhaite vivement prendre sa place et s’engager dans ce dialogue et ce débat.

Le synode :

  1. s’inquiète cependant de la précipitation dans laquelle ce débat est lancé et des délais très courts dans lesquels ce débat doit déboucher sur des propositions d’actions concrètes. Cette précipitation nous semble contraire au temps nécessaire à un vrai débat d’ampleur nationale largement participatif – inquiétude renforcée par les premières propositions d’actions soumises au débat dans la circulaire du 2 novembre 2009 adressée par le Ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire aux Préfets de départements et de police en vue de la tenue de réunions dans chacun des arrondissements ;
  2. regrette les amalgames qui sont faits dans les discours autour de ce débat et le climat de suspicion créé autour de « l’étranger », quel qu’il soit ;
  3. rappelle qu’en tant que protestants ce ne sont que les valeurs humanistes et universalistes de la République, née de la Révolution française, qui nous ont permis d’accéder pleinement à la nationalité française en 1792 ;
  4. rappelle son attachement à la devise de la République française « Liberté, Égalité, Fraternité », devise qui doit permettre à chacun d’en vivre, devise qui est un engagement permanent de tous pour la construction de l’avenir, et dont les trois termes ne peuvent être dissociés les uns des autres ;
  5. redit également son attachement aux Droits de l’Homme, formulés par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 et par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, et dont les valeurs sont à nos yeux profondément humanistes et chrétiennes.

Au vu des termes du débat, posés entre autres dans la circulaire ministérielle, nous réaffirmons que :

  1. bien que l’humain soit toujours ancré dans un contexte donné (peuple, culture) il est appelé à accueillir son identité en Jésus-Christ, en qui il n’y plus ni juif, ni grec, ni homme, ni femme.
  2. l’égalité de droit entre tous ceux qui vivent sur un espace commun est première. Ainsi, la Bible nous rappelle inlassablement que la dignité de tout être humain est indépendante de sa religion, de son appartenance, de ses mérites, etc., mais que chacun est et demeure enfant de Dieu ;
  3. ce qui précède nous inscrit dans un projet commun d’accueil de l’autre et en particulier de l’étranger, du sans-droit et du plus faible.

Le synode demande instamment aux autorités locales, régionales et nationales de l’ERF d’encourager largement les membres de nos Eglises à participer aux différentes réunions afin d’y faire part de nos convictions.

45 voix pour ; 7 contre

Voeu n° 3- Cercles de silence

Le synode régional de l’Eglise réformée de France en Provence Alpes Corse Côte d’Azur, réuni à Marseille les 20, 21 et 22 novembre 2009,

Constatant avec inquiétude une dégradation constante des conditions de vie des Etrangers en situation irrégulière sur le sol français.

  1. s’inquiète des décisions de justice autorisant, en plus de la Cimade, l’accès des centres de rétention à des associations diversement qualifiées ;
  2. soutient la mobilisation des citoyens ayant mis en place des cercles de silence afin de dénoncer les violations des Droits de l’Homme constatées dans les centres de rétention ;

Encourage les paroisses et services de diaconat, à participer aux cercles de silence existants, à mobiliser des citoyens en créant un cercle de silence, là où il n’y en a pas.

51 voix pour

Vœu n° 6- Changement climatique

Le synode régional de l’Eglise réformée de France en Provence- Alpes Corse Côte d’Azur, réuni à Marseille les 20, 21 et 22 novembre 2009,

Préoccupé de l’urgence de la sauvegarde de la création

  1. demande aux Eglises locales de s’informer auprès du Conseil œcuménique des Eglises sur les actions proposées en vue de la Conférence de l’ONU à Copenhague du mois de décembre 2009 au sujet des émissions de CO², afin de s’associer à sa démarche et si possible aux actions proposées
  2. demande au Conseil régional et au conseil national d’impulser de toute urgence une réflexion théologique et pratique sur les changements climatiques, ses causes et ses conséquences notamment pour les plus pauvres et de proposer rapidement des orientations pour la réflexion et l’action des Eglises locales.

47 voix pour.


Avis au synode national

Solidaires au nom de Jésus-Christ : quand l’Eglise reconnaît sa vocation diaconale

En premier lieu nous voulons exprimer notre reconnaissance vers le Créateur de toutes choses pour le témoignage et le ministère de tous ceux et de toutes celles qui sont engagés dans une action diaconale, quelle que soit sa taille et son rayonnement. Nous sommes conscients qu’ils sont une vitrine privilégié de l’action de notre Eglise et en même temps qu’ils participent à la confrontation de sa foi aux réalités du monde. En ce sens ils sont pour nous tous, sujet d’interpellation et d’encouragement.

Le ministère de la diaconie s’enracine dans la prière, le partage de la parole, le travail en équipe, la participation à la prédication et à l’intégration de la vie communautaire dans la société.

Notre synode a bien pris en compte que la diaconie repose sur l’engagement communautaire au nom de Jésus Christ au service des autres, et principalement de ceux et celles qui souffrent. Nous sommes aussi  reconnaissants  des engagements multiples et variés de nombreux frères et sœurs dans des associations laïques qui agissent dans des domaines très divers. Cependant nous tenons à affirmer la spécificité de la démarche diaconale, elle n’est pas en ce qui est fait mais dans le fait qu’elle vit portée par la communauté cultuelle, notamment dans la prière d’intercession et qu’en retour, elle l’interpelle. A la suite du Christ, venu servir l’humanité, nous sommes appelés, à ce service mutuel au cœur de communautés et des hommes. En ce sens, nous sommes invités à veiller pour une meilleure cohérence entre nos paroles et nos actes.

Pour y arriver nous sommes conscients qu’il nous faut améliorer notre écoute : l’écoute du monde et de ses doléances, l’écoute des besoins exprimés et des douleurs humaines, l’écoute de paroles d’espérance qui sont constamment prononcées sur nous et sur le monde. Cette écoute particulière pourrait marquer une de nos spécificités chrétiennes dans l’engagement dans la société : écoute gratuite, sans jugement et dans le respect le plus total de la dignité et la liberté de l’autre. Et aussi écoute des uns et des autres à l’intérieur de nos Eglises, en tendant des ponts entre nos diaconies, entraides et la communauté cultuelle.

Nos engagements diaconaux doivent répondre à un besoin. Ainsi la formation nécessaire des bénévoles doit être une forme d’accompagnement d’une pratique  et non un préalable à l’action (ce qui malheureusement est parfois un prétexte pour ne rien faire). À l’échelle consistoriale nous pouvons mettre en place une plateforme d’échange d’expériences et  de mise en place de projets communs. À l’échelle régionale on pourrait envisager un approfondissement de la réflexion ainsi qu’une formation à l’écoute, une mise à niveau théologique, un approfondissement de certains thèmes à la demande et en collaboration avec la Fédération de l’Entraide protestante.

La communication est un aspect important : d’abord entre le conseil presbytéral et son diaconat/entraide, aussi entre la communauté cultuelle et le diaconat afin de faire connaître les actions, de permettre le discernement et la motivation des bénévoles, et enfin pour qu’il y ait une vraie reconnaissance de l’engagement diaconal au sein de la communauté cultuelle.

Il semblerait se dégager de ce synode le besoin d’un « référent diaconie » au sein du conseil régional  pour être interface aussi bien que le besoin d’un référent par consistoire.

Aumôneries :

Le synode a pris en considération la situation particulière des aumôneries et des aumôniers. Il rappelle que la vie diaconale de l’Eglise passe aussi par l’aumônerie. Dans ce sens, il faudrait réfléchir à cette dimension diaconale des paroisses pour que les Eglises portent le projet avec les aumôneries et les aumôniers. Il souhaite également que ces aumôniers soient soutenus et coordonnés au niveau national, par exemple, par la nomination d’un aumônier national qui n’existe pas actuellement pour les hôpitaux.

Diacre :

En ce qui concerne un ministère spécifique de « diacre » tel qu’il est indiqué dans la Discipline, le synode ne semble pas prêt à se prononcer étant donné le manque de définition concrète de ce poste et de son implication. Le synode demande une réflexion sur ce thème.

Conclusion :

            Pour conclure nous revenons au titre, et en tant qu’Eglise réformée de France en Provence Alpes Corse Côte d’Azur nous voulons reconnaître la vocation diaconale de notre Eglise, en encourageant les uns et les autres à continuer ou à entreprendre, sachant que le chemin se fait en marchant et que nous ne sommes jamais seuls.

Nous sommes conscients que cela implique un choix : nous pouvons choisir de nous détourner de notre prochain. Nous pouvons aussi assumer les défis profonds de notre foi chrétienne, tel que Jésus nous l’a montré en paroles et en actes, et oser poser  nos pieds dans des chemins qui peuvent s’avérer tortueux, compliqués et sans fin mais qui nous mènent vers des actions qui toujours construisent du nouveau dans un monde qui en a follement besoin.

Comme du vrai levain dans une pâte bien farineuse, nous croyons que si nous sommes de plus en plus nombreux à faire de toutes petites choses auprès des autres, nous arriverons à tordre le bras à cette histoire qui nous est présentée comme un chemin inéluctable de conflit, de solitude, d’inégalités et d’injustice.

Nous savons aussi que cela implique un choix communautaire. Car l’engagement diaconal, grand ou petit, n’a de sens qui si la communauté est engagée concrètement, réellement. Et qu’elle se donne les moyens de vivifier son engagement.

Nous réaffirmons ainsi notre confiance dans le Dieu de Jésus Christ qui nous a demandé de prendre soin même du bœuf égaré de notre prochain, plus encore de notre prochain lui-même. (Dt 22 :3).

48 voix pour