38 ème Synode Régional en PACCA du 16 au 18 novembre 2007 à Toulon

Message du Président du Conseil Régional

Résolutions

Voeux

7 voeux, venant de 4 Synodes régionaux et de l’inspection luthérienne de Paris Archive des Synodes (37e Sanary et Gréoux)

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Message du président du conseil régional

Monsieur le Modérateur, chers frères et sœurs,

Cela fait dix-neuf ans que notre synode régional ne s’était réuni dans la ville de Toulon.

C’était en 1988 et le thème national était alors « Le sens du culte ».

La session s’était tenue dans des locaux mis à disposition par la Fédération des Oeuvres Laïques du Var

et dans sa lettre d’invitation Francis Beauchamp, président du conseil presbytéral, écrivait :

« Il nous a paru qu’en marge de notre réflexion sur « le sens du culte », cette ouverture sur le monde laïque pouvait avoir valeur de symbole ». Aujourd’hui et pour trois jours de cette route que nous allons faire ensemble, cette ouverture sur le monde est toujours d’actualité dans ces locaux municipaux tout aussi laïques que les précédents. Même si le culte ne sera pas au centre de notre marche comme il le fut il y a près de vingt ans. Il est au cœur de la vie de l’Eglise d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

« Personnel ou communautaire, disait Michel Bertrand dans son message de président du conseil régional, le culte est ce moment où le Christ me rencontre, me saisit, dans la Parole biblique proclamée qui réoriente ma vie et l’histoire des hommes ».

C’est ainsi que ce synode-là, dans sa Décision XIX, conclut qu’une parole d’envoi doit souligner que le culte se prolonge dans l’engagement, le service et le témoignage.

Nous allons précisément parler de l’histoire des hommes, de rencontres et d’engagements à travers la mission, la diaconie et l’évangélisation par la catéchèse d’adultes. C’est, de l’expression de notre foi qu’il s’agira.

Je cite à ce propos à nouveau Michel Bertrand dans le même message : « La relation dans la foi est si intime, si forte qu’elle autorise le prophète, (Jérémie en l’occurrence), le psalmiste et à leur suite tout croyant ordinaire à aller jusqu’à crier vers Dieu leur révolte devant le Mal de ce monde, pour qu’il fasse de cette terre une terre habitable, et de cette vie une existence digne d’être vécue ».

Nous sommes certes une instance incontournable du système presbytérien synodal qui organise notre Eglise réformée de France et souvent tentés d’y accaparer la Parole de Dieu. La conclusion du rapport du conseil régional au synode de 1988 nous rend attentifs à ce risque. Il est nécessaire de « veiller en permanence à ce que le travail de nos divers conseils et instances n’enfouisse jamais les questions essentielles mais les manifeste pour qu’elles deviennent les questions de toute l’Eglise. Et l’essentiel ici n’est pas la gestion, la vie ou la survie de nos Eglises mais l’annonce de l’Evangile ».

Plusieurs serviteurs de cet Evangile nous ont quittés depuis une année et ce message se doit de manifester toute notre reconnaissance pour leur ministère. Je citerai en particulier les noms de Fano Mermier qui fut membre du conseil régional pendant plusieurs années, Jacques Merland, conseiller presbytéral à Avignon puis à Antibes où il exerça la fonction de trésorier, le pasteur Jean-Pierre Feuillie qui assura une année d’intérim à Avignon au milieu des années 90, le pasteur Geoffroy de Turkheim, stagiaire dans la paroisse du Foyer Fraternel à Marseille avant d’entrer dans le ministère pastoral, il était membre du conseil national et Pierre Rochat, doyen des pasteurs à la retraite en PACCA.

Mais notre région se réjouit de l’arrivée de nouveaux ministres : Cécile Badet-Plaâ à Arles, Charlotte Kuder-Schutz à Hyères, Christian Badet à Avignon, Marc Muller à Lourmarin et Paolo Morlacchetti à Cannes

et de la reconnaissance de trois ministères pastoraux : Lionel Tambon à Nice, Christophe Montoya à Toulon et Paolo Morlacchetti.

Tous les témoins aujourd’hui disparus mais dont nous conservons la mémoire et tous les chrétiens dont nous sommes ici une part infinitésimale, sont la manifestation que l’unique raison d’être de l’Eglise est l’annonce de l’Evangile et sa pratique. A ce propos, dans quelle Création de Dieu l’Evangile est-il annoncé ? A quoi l’homme joue-t-il dans ce monde dont Dieu est créateur ? Que pouvons-nous faire, en Eglise, pour « aider Dieu à réaliser son rêve : être une grande famille » ? Autant de questions, parmi tant d’autres, auxquelles certainement nous nous efforçons de répondre quotidiennement.

I. L’annonce de l’Evangile dans la Création de Dieu.

Lorsqu’on évoque la Création aujourd’hui il nous vient le plus souvent à l’esprit le mouvement créationniste et, en particulier, sa théorie de l’ « Intelligent design » (Dessein intelligent) élaborée au début des années 1990 aux Etats-Unis.

J’y faisais référence, en ces termes, dans mon message au synode qui s’est tenu à Salon-de-Provence en novembre 2005 :

« Compte tenu de l’importance qu’elle prend dans les programmes scolaires du pays dont Tocqueville s’est intéressé à la démocratie, cette théorie religieuse qui se veut une science mais n’est que pseudo-science a de quoi nous inquiéter sur l’avenir qu’elle réserve à l’homme américain ».

Mais depuis, c’est de l’avenir qu’elle réserve à l’homme européen que nous devons aussi nous préoccuper. En effet, le créationnisme, d’une manière générale, a fortement accru le nombre de ses adeptes dans les milieux évangéliques fondamentalistes du vieux continent. Et quand on sait qu’ils développent une dynamique de plus en plus agressive, il nous faut redoubler d’efforts pour subsister.

Subsister dans la résistance face aux effets et conséquences de propos étranges tels ceux tenus par un thérapeute américain du nom d’Ellwanger : « …il incombe à Satan de faire à tout moment tout ce qui est en son pouvoir pour contrecarrer nos efforts et pour compliquer les choses ».

Quand je parle de résistance, je ne jette pas l’anathème sur ceux dont se jouent les soit disants scientifiques et théologiens qui prônent que le monde a été crée par Dieu en six jours et l’homme il y a 6000 ans.

Bien au contraire nous ne devons pas être sur la défensive mais provoquer le débat, si tant est que cela soit possible. Pour les uns le monde dans lequel l’Evangile est annoncé est Création de Dieu, une fois pour toutes parce que c’est écrit dans la Genèse. Pour les autres, pour d’autres devrais-je dire, la Création de Dieu continue. C’est ce que fait ressortir une lecture critique du texte biblique originel récusée par les fondamentalistes.

Bien sûr, je ne fais qu’enfoncer une porte ouverte, ressasser une évidence. Si ce constat est récurrent, je le souligne une fois encore parce que je pense qu’on n’est pas sur la bonne voie si on finit par baisser les bras par lassitude de réitération.

A l’opposé de l’assurance des fondamentalistes quant à leur lecture simpliste du récit de la Création, il y a donc des théologiens qui se posent des questions, cherchent à mettre leur intelligence et leur raisonnement au service du texte biblique pour convenir que Dieu n’a pas fini de créer. Je citerai deux d’entre eux.

D’abord Wolfhart Pannenberg. Pour lui, puisque l’ordre présent de la création est contingent, la relation de Dieu à la création peut ne pas être réduite à la question de ses origines, mais doit s’ouvrir à la question de ce qu’elle peut devenir, de son futur.

Ainsi le lieu de Dieu n’est ni dans le passé, ni dans le présent, mais dans l’avenir : il est ce qui doit être.

Pour le théologien allemand, Dieu est sujet de l’histoire. Il n’est pas créateur d’un ordre immuable fixé dès le commencement, mais le Dieu vivant qui accomplit toujours du nouveau dans l’histoire.

Le second théologien est Nord-Américain. Il s’agit de John B. Cobb. Un des principaux représentants de la théologie du Process.

« Ce terme, écrit Raphaël Picon dans la préface de « Dieu et le monde », ouvrage référence de Cobb, indique tout à la fois ce qui change, évolue, se transforme, et ce qui advient, surgit, devient possible ».

Pour l’auteur, il n’y a aucune raison de croire que le monde, un jour, a surgi ex nihilo. Il n’y a aucune raison de croire qu’un but précis, un projet inaltérable a guidé son développement..

« Penser Dieu comme créateur, n’a de sens que si nous comprenons sa puissance en tant que persuasion et si nous reconnaissons qu’à chaque instant Dieu œuvre avec et sur le monde qui lui est donné à cet instant-là ».

Cobb exhorte à appeler Dieu « Celui qui nous attire vers l’avenir » plutôt que trop souvent « Celui qui sanctionne ».

Notre perception du monde et de sa réception de l’Evangile est indubitablement liée à notre conception de la Création et à la foi que nous avons ou pas en un « Dieu essentiellement et avant tout « dynamisme créateur ».

C’est le contenu donné à l’annonce de l’Evangile qui, soit par l’immobilisme et les appréhensions qu’il suscite, fige la Création dans le passé, soit par la mobilisation et l’audace qu’il éveille, témoigne qu’elle est eschatologique.

II. Le jeu de l’homme dans la Création de Dieu.

Dans un ouvrage intitulé « Le monothéisme peut-il être humaniste ? » Katell Berthelot dresse un tableau des diverses définitions données à l’homme depuis l’Antiquité.

De l’homme au sens biologique du terme à l’homme au sens culturel du terme.

Du Barbare d’abord jugé irrationnel au regard des mœurs grecques à l’homme comme être rationnel.

Du même Barbare reconnu rationnel par les premiers stoïciens grecs comme Zénon à l’homme considéré comme rationnel parce que vertueux.

De l’homme de raison à l’homme de foi identifié par les textes juifs comme seul digne de ce nom parce qu’il reconnaît en Dieu le Dieu Un.

Enfin de l’homme rationnel à l’homme en tant qu’humain.

Pour finir, Katell Berthelot se demande si, après tout, l’humain dans l’homme doit faire l’objet d’une définition.

Elle convient que rien n’est moins sûr car « il n’est d’être humain que singulier, unique, inexplicable. Chacun invente sa propre manière d’être humain. Chaque être est en devenir et non figé dans une essence ».

Si l’homme, quel qu’il soit, est un animal doué de raison, on a trop souvent le sentiment, autrement dit nous donnons trop souvent le sentiment, de jouer n’importe comment avec et dans ce monde que nous croyons créé par Dieu.

Je ne prendrai pas le temps, ce serait trop fastidieux, d’énumérer les innombrables plaisirs et agréments que l’homme, dont nous sommes, s’est procuré dans son usage des ressources terrestres pendant des décennies.

Je ne m’attarderai pas sur les gaspillages, pollutions et autres dérèglements qu’ils sont devenus ni sur notre obligation de vivre désormais beaucoup plus chichement que naguère et nos enfants et surtout nos petits-enfants et arrière-petits-enfants bien davantage.

L’homme joue à plus ou moins long terme avec la Terre qu’il habite. Et il faudra du temps pour arrêter le jeu, « arrêter la machine » par une longue et persévérante transformation des comportements humains.

Mais ce qui me pose le plus de questions c’est la manière dont l’homme joue avec sa vie comme avec celle des autres. C’est la barbarie, la tyrannie, la démagogie, la xénophobie, l’autolâtrie dont il n’est jamais parvenu à se défaire et dans lesquelles il semble souvent se complaire.

Et pourtant, son existence, son histoire, l’ont montré d’innombrables fois jouant des jeux constructifs, raisonnant avec intelligence, altruiste.

Tout n’est donc pas bon à jeter aux orties. La transmission de ces « bons côtés » de l’homme est assurée de génération en génération, jusqu’à un certain point cependant.

En effet, les travers que je viens de rappeler, auxquels personne ne peut échapper, de son plein gré ou contre son gré, en arrivent à faire l’histoire d’un pays, nous le savons hélas, d’un continent ou de la planète.

Mais, la mémoire des événements dramatiques qu’ils génèrent, la transmission de la réflexion menée sur l’histoire des peuples affectés, ne sont pas exploitées au point qu’on puisse proclamer « plus jamais ça ! ».

Reconnaître qu’il en est ainsi depuis que l’homme est homme s’avère une maigre consolation. Il n’est et n’a jamais été, il est vrai, à l’abri du péché comme paresse, qui, dans des moments particulier de sa vie, trop souvent l’emporte sur sa volonté de faire le bien ou plutôt sur son courage et sa détermination à dire non par amour de son prochain.

Je m’explique par deux courts récits imaginaires.

Le premier concerne un homme, européen blanc.

Il a un profond souci des autres et surtout des plus démunis. Il n’a pas hésité à s’engager dans une association de défense des droits de l’homme, signer des pétitions et, au besoin, à manifester dans la rue. Un jour, dans un bus, il assiste à un contrôle de police mais seulement des passagers noirs et basanés. Il ne dit rien, ne fait rien. Une fois descendu du bus il informe la presse de l’événement dont il s’offusque. Par solidarité et cohérence avec l’éthique qui est la sienne, par refus de toute discrimination, il aurait pu lui aussi présenter sa carte d’identité. Le geste aurait été risqué. Certes, mais un risque sans commune mesure avec une expulsion d’étranger hors du pays qu’il espérait accueillant.

Le second exemple a pour objet une Eglise locale.

Elle pourrait être protestante ou catholique. Son conseil presbytéral ou son conseil de paroisse, son pasteur ou son prêtre ont amené, par des prédications, des études bibliques, des conférences et des prises de position par voie de presse, une bonne partie des paroissiens à devenir solidaires de l’Etranger, au nom de leur lecture de l’Evangile et de leur amour du prochain.

Un jour ces membres d’Eglise apprennent que des familles étrangères entrées en France il y a plusieurs années, clandestinement ou avec un simple visa touristique, résident dans leur ville. Une disposition réglementaire les aurait autorisées à être régularisées mais le quota de celles qui pouvaient bénéficier d’un titre de séjour a été atteint. Elles sont donc contraintes à la clandestinité. Les membres de l’Eglise qui avaient pourtant été exhortés par un rappel de leurs instances régionales à envisager d’accorder le refuge à ces laissés pour compte du pays des droits de l’homme, dans leurs temples ou locaux de paroisses, ne réagissent pas estimant que ce geste leur ferait courir des risques.

Certes, mais des risques dont les conséquences auraient été sans commune mesure avec les expulsions dont beaucoup d’étrangers font l’objet et parfois dans des conditions dramatiques.

Deux histoires pas si fictives que cela. Je n’ai pas à vous inviter ou à vous inciter à accomplir de tels gestes tandis que je resterais bien au chaud chez moi. Mais je les ai imaginées parce que je me suis retrouvé, au cours de mes ministères, dans deux situations semblables qui m’ont amené à prendre ces risques, relatifs je le répète. J’ai donc agi seul dans le premier cas, avec un conseil presbytéral dans le second. Je veux croire qu’un bon nombre de mes semblables est aussi capable de ces actes comme je le serais encore aujourd’hui.

A ces deux descriptions de comportement j’ajoute le danger que peut faire courir à tel ou tel pays véritablement démocratique une perte de discernement et de sens critique d’une majorité de ses citoyens aveuglés par leur engouement pour tel ou tel chef de l’Etat. Mais, comme je l’ai déjà souligné, il en a toujours été ainsi de l’homme.

Surprenant quand bien même serait-il homme de foi. On pourra toujours se faire une raison et se réfugier derrière les paroles de Jésus à ses disciples et convenir, si on veut, de leur fatalisme

«Vous entendrez parler de guerres et de rumeurs de guerre. On se dressera nations contre nations… », Matthieu 24. Ou encore « Vous aurez toujours les pauvres avec vous. » Matthieu 26.

Je ne pense pas que ce soit là une justification louable de notre péché comme paresse. Il y a tant à faire pour les autres. « Il appartient à chacun de se rendre plus humain, ou plus semblable à Dieu, en offrant à autrui le meilleur de lui-même ».

Invitation faite aux chrétiens en particulier, à laquelle je joins celle de John Cobb, de comprendre que le travail de Dieu dans le monde est de persuader chaque entité d’atteindre un degré maximum de satisfaction qui soit compatible avec le maintien d’un ordre permettant aux autres entités d’atteindre aussi la satisfaction.

III. En Eglise, pour « aider Dieu à réaliser son œuvre :
être une grande famille ». « Aider Dieu à réaliser son œuvre :
être une grande famille ».

C’est une exhortation de Desmond Tutu, prononcée, au mois de septembre dernier, à New-York à l’occasion d’une grande manifestation sur l’éducation, la santé et l’environnement.

Il est vrai qu’à partir du moment où nous croyons que Dieu n’a pas créé une fois pour toutes avant de se retirer de sa création pour contempler du haut du ciel ce que les hommes en font, nous devons l’aider à poursuivre son œuvre jusqu’à ce que vienne son Royaume.

C’est aussi la conviction d’André Gounelle : « Selon une parole de l’Apocalypse, reprise du prophète Esaïe, Dieu est celui qui fait « toutes choses nouvelles .

Pour le croyant biblique, la création ne représente pas un passé lointain et fondateur ; elle est une réalité présente et une tâche actuelle.

A chaque instant, la parole divine fait surgir de l’inédit dans sa vie et dans le monde. Dieu ne cesse de créer et d’appeler à devenir ouvriers avec lui.

Plus qu’une doctrine, le thème biblique de la création m’apparaît comme une prédication qui invite les auditeurs à répondre positivement à l’appel de Dieu. Elle leur demande de s’engager dans le renouvellement qu’il opère, d’avancer avec lui sur cette route qui va du chaos au cosmos, de la brutalité à la concorde, de la haine à la fraternité, de la dislocation à l’harmonie ».

Nous sommes donc, ici réunis, une infime partie de ces croyants bibliques. Nous sommes, pour la plupart, engagés dans des paroisses. Et si nous faisions l’inventaire de leurs activités, nous devrions constater qu’elles sont nombreuses.

De multiples efforts d’imagination sont produits pour en créer de nouvelles qui cherchent à mieux répondre aux questions et préoccupations de l’Eglise ou de la Cité. Cependant, il m’arrive d’entendre certains pasteurs, présidents ou trésoriers de conseil presbytéral exprimer leur découragement devant la faible assistance au culte, la difficulté à amener les membres de l’Eglise locale à s’engager pour la dynamiser davantage, les dons en argent qui se font attendre.

Je me demande alors où est notre foi à faire s’effondrer le Mont Faron, où est notre conviction que l’Eglise dont on est responsable a une raison d’être pour le monde que Dieu lui confie mais n’a pas de raison d’être pour elle-même.

Nous sommes appelés par Dieu à prendre la responsabilité de nous-mêmes et du monde qu’il créé avec nous. Mais cette responsabilité, que nous devons d’abord assumer personnellement, prendra vraiment sens dans le partage. Même si nul n’est tenu d’en être membre pour exprimer sa foi, je pense qu’une Eglise locale, première entité concernée par ce qui se dit et se décide dans un synode, peut être ou devenir un lieu très particulier, voire unique.

Un lieu où les prises de responsabilité sont innombrables, la démocratie et la concertation indiscutables, le débat d’idées, la confrontation et la formation biblique et théologique indispensables, la valorisation des compétences incontournable, la méconnaissance de tous les « foyers connus » et particulièrement des plus démunis impensable

Il ne s’agit pas de faire de nos paroisses de petits paradis mais, nécessairement dans la suivance du Christ, de petits signes du Royaume de Dieu à venir.

Je pense, en effet, que si nous ne sommes pas en mesure d’imaginer, d’envisager d’abord tout cela dans un milieu préservé où nous pouvons confesser Jésus de Nazareth comme Christ, entre nous, sans difficulté, ce n’est pas demain que nous deviendrons « responsables de la révolution de Dieu ».

En revanche, assumer toutes ces exigences sera le signe de notre volonté de nous laisser attirer par Dieu vers l’avenir et de répondre à Son attente :

exercer notre responsabilité d’ouvriers , de serviteurs, d’aides dans Sa création en mouvement. Il pourrait même nous arriver, de devoir transgresser la loi par fidélité à la réponse donnée.

Une res-ponsabilité de nos actes, transgresseurs ou pas, que nous prenons dans une vraie liberté en nous en remettant à Dieu qui « regarde les cœurs, pèse les actes et dirige l’histoire », écrit Dietrich Bonhoeffer.

Actes responsables à l’abri, dans leur origine, leur essence et leur but qui est le Christ.

Voilà frères et sœurs les doutes et questions, mais aussi les convictions et espérances que je voulais partager avec vous.

Ce n’est pas tant l’avenir du fonctionnement de l’Eglise comme institution qui me préoccupe que celui de la Terre que Dieu a donnée en location aux hommes.

Il est clair que, compte tenu de l’héritage dont nous disposons comme membre non pas d’une Eglise mais de l’Eglise universelle dont nous reconnaissons en Jésus-Christ le seul chef, nous devons nous sentir tout autant responsables des entraves constantes à l’œuvre créatrice de Dieu que de son enchantement.

Jean-Daniel Dollfus

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DECISIONS DU SYNODE REGIONAL DE TOULON
16, 17, 18 novembre 2007

VOEUX DU SYNODE REGIONAL DE TOULON

VŒU N° 1 - BUDGET

Le synode régional de l’Eglise réformée de France en Provence-Alpes-Corse-Côte d’Azur
réuni à Toulon les 16,17,18 novembre 2007 demande au conseil régional

- d’inscrire ses propositions de budgets annuels dans des projets régionaux (à moyen terme) clairement identifiés (nombre de postes compris) et d’en évaluer le coût. - de les proposer aux Eglises locales pour une appropriation et un engagement financier fort, avant de les présenter au synode ; - de dérouler ses projets dans une perspective suffisamment longue (3-4 ans) pour permettre leur diffusion et leur maturation dans les Eglises locales.
(43 voix pour ; 6 contre )

VŒU N° 3 – IMMIGRATION

Le synode régional de l’Eglise réformée de France en Provence-Alpes-Corse-Côte d’Azur réuni à Toulon les 16,17,18 novembre 2007

- exprime sa reconnaissance à la Fédération protestante de France et aux associations protestantes pour leur prise de position commune sur le récent projet de loi sur l’immigration,
- engage les membres des Eglises à rester attentifs aux projets français et européens qui voudraient encore durcir les législations nationales et européennes en particulier le projet de directive européenne visant à porter la durée de la rétention administrative à 18 mois.
- Demande au Conseil national de l’ERF et à la Fédération protestante de France de manifester l’inquiétude de notre Eglise devant ce projet.
- Encourage les Eglises locales à être à l’écoute de leurs membres d’origine étrangère qui vivent en situation irrégulière ou difficile, afin d’entendre leur histoire et leurs attentes. (53 voix pour )

VOEU N°5 – SUJETS SYNODAUX

Considérant qu’au cours d’une session synodale le temps semble manquer. Considérant que le délégué synodal peut avoir l’impression de prendre des décisions sans les avoir mûries d’où un questionnement de son ministère collégial. Regrettant de ne pouvoir donner du temps, de la hauteur, de la longueur de la largeur et de la profondeur aux travaux synodaux,

Le synode régional de l’Eglise réformée de France en Provence-Alpes-Corse-Côte d’Azur réuni à Toulon les 16,17,18 novembre 2007
- demande au conseil régional de limiter le nombre de sujets de fonds du synode à deux. Il souhaite qu’un sujet de fond bénéficie d’un minimum de trois heures de travail et d’ateliers.( 37 voix pour ; 4 contre)

VŒU N° 6 – PARC AUTOMOBILE

Le synode régional de l’Eglise réformée de France en Provence-Alpes-Corse-Côte d’Azur réuni à Toulon les 16,17,18 novembre 2007 soucieux de la protection de l’environnement, attentif à la situation budgétaire de la région demande au responsable du parc automobile de faire des recherches afin de trouver une voiture qui consomme moins de carburant que la voiture actuelle, la Clio II. (38 voix pour ; 0 contre)

VŒU N° 7 – TOUS VOYAGEURS

Le synode régional de l’Eglise réformée de France en Provence-Alpes-Corse-Côte d’Azur réuni à Toulon les 16,17,18 novembre 2007

S’engage à soutenir financièrement et spirituellement le voyage retour français-camerounais « Tous voyageurs d’un monde à l’autre » (53 voix pour ; 0 contre)

VŒU N° 8 – EQUIPE REGIONALE JEUNESSE

Le synode régional de l’Eglise réformée de France en Provence-Alpes-Corse-Côte d’Azur réuni à Toulon les 16,17,18 novembre 2007

Demande au conseil régional que l’équipe jeunesse soit renforcée de deux personnes de plus (51 voix pour)

RESOLUTIONS DU SYNODE REGIONAL DE TOULON 16, 17, 18 novembre 2007

Diaconie Site Internet

N° 1 - DIACONIE

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Le synode régional de l’Eglise réformée de France en Provence-Alpes-Corse-Côte d’Azur réuni à Toulon les 16,17,18 novembre 2007

Saisi de la question de la Diaconie, affirme que la dimension diaconale fait partie intégrante de la vie et du témoignage de l’Eglise.

Il encourage les Eglises locales, leurs ministres et leurs membres, à travailler dans trois directions.

1. La Dimension diaconale dans la vie des Eglises

Le synode encourage les conseils presbytéraux et les ministres à avoir le souci des personnes engagées dans la diaconie et à être attentifs à la présence de la dimension du service dans l’ensemble des activités des Eglises locales et en particulier dans - la catéchèse - le culte - la communication interne.

Le synode souhaite que soit développée la formation théologique sur la question de la diaconie, - à travers l’organisation de sessions ou de colloques - au sein des facultés de théologie - dans la formation continue des ministres.

2. Les Diaconats et Entraides locales

Au-delà de la diversité de leurs prestations, les diaconats et entraides locales mesurent l’importance de la dimension relationnelle de leurs actions. Pour accompagner les entraides et diaconats dans cette « diaconie de la personne et de la relation », le synode demande à la commission diaconie de la région ERF PACCA et à la chargée de mission régionale, en collaboration avec la FEP, de définir un programme de travail qui aura pour but de :

- permettre des rencontres régulières de l’ensemble des diaconats-entraides de la région pour des échanges d’expériences et d’initiatives.

- offrir des formations pratiques et théologiques aux membres des Diaconats-Entraides et des Eglises.

3. La Diaconie institutionnelle

La professionnalisation du travail social et le financement public des établissements d’origine protestante ont pu conduire à une distance – voire une méfiance – entre eux et le réseau ecclésial.

Le synode considère que ce secteur ne peut être simplement défini par des contraintes économiques et des règles administratives et abandonné au secteur marchand. Il est important de maintenir et développer une dynamique associative pour un projet porteur de sens.

Le synode invite donc les Eglises locales à ne pas se désintéresser de ces établissements situés sur leur territoire et à prendre l’initiative de s’en rapprocher, notamment:

-en développant l’action bénévole au sein de ces établissements

-en travaillant avec leurs responsables sur la dimension de l’aumônerie et de l’accompagnement spirituel des usagers comme du personnel.

-en recherchant en leur sein eten proposant des personnes compétentes pour être membres des conseils d’administration et des assemblées générales.(45 voix pour)

RESOLUTION N° 2 : Site Internet

Un site régional de notre Eglise existe depuis 7 ans grâce au travail bénévole de l’un d’entre nous.

Ce site est une vitrine de notre Eglise et un lieu d’informations incontournables, complément de notre journal ECHANGES.

Aujourd’hui son créateur et webmaster nous met en garde, il en va du devenir du site :

Il ne pourra plus longtemps donner autant de son temps et de son énergie pour faire vivre ce site.

Le Synode régional de l’Eglise réformée de France Provence-Alpes-Corse-Côte d’Azur réuni à Toulon le 16, 17 et 18 novembre 2007

- Réaffirme son intérêt pour ce site.

-Exprime sa reconnaissance pour le travail accompli jusqu’ici,

- Demande au Conseil régional de mettre en place rapidement une structure qui permette de pérenniser ce service.

- Propose qu’une première évaluation se fasse au prochain synode consacré à la vie régionale. (48 voix pour ; 0 contre)

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SYNODE REGIONAL . 37 ème SESSION: 

Gréoux les Bains 17,18 et 19 novembre 2006

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Message du Président du Conseil Régional

Résolution

Voeux

PAROLE, PARENTALITE, ESPERANCE : QUELS REPERES POUR LES FAMILLES

MESSAGE DU PRESIDENT DU CONSEIL REGIONAL

Monsieur le Moderateur,
Chers frères et sœurs

Si nous emboîtons le pas à Jean Giono que Louis Schloesing, mon prédécesseur, citait dans son message au synode réuni en novembre 1993 dans ces mêmes lieux, nous ne devrions pas céder à l’ennui pendant les presque trois jours qui se présentent devant nous.

« Je ne connais pas d’endroit plus guérisseur de l’ennui que Gréoux, ce pays le guérit avec les remèdes créés par Dieu à cet usage, les seuls remèdes, à mon avis… ».

D’ailleurs, pour donner immédiatement raison à l’auteur de Regain , nous ne sommes pas entrés dans un ordinaire préliminaire de synode que les délégués les plus anciens connaissent par cœur. Vous aurez remarqué que, non seulement mon temps de parole a été écourté mais encore qu’il précède le culte d’ouverture habituellement placé en tout début de synode.

Je ne m’attarderai donc pas sur ce préambule et m’empresse par conséquent de vous saluer les uns les autres et tout particulièrement les délégués laïcs de Gap et de Freissinières-Briançon-Queyras et leurs ministres Nathalie Paquereau et  Jacques-André Bonini . Bienvenue aussi à Nina Liberman, pasteur proposant dans l’Est-varois, à Christina Weinhold pasteur à Nice et à Ulrich Weinhold-Rüsen, aumônier du CHU de Nice, tous deux venant d’Allemagne.
Et je nous souhaite à tous un très bon synode placé sous la bénédiction du Seigneur à qui nous rendrons donc un culte dans quelques instants.

Mais ce synode, comme tous ceux qui l’ont précédé, ne saurait passer sans une pensée pour ceux qui nous ont quittés et pour leurs proches. Parmi tous j’évoquerai six noms : Jean-Baptiste Pivot et Florence Ricca décédés tragiquement, Alain Jacob, membre du conseil presbytéral de Vitrolles-Marseille-Nord, les pasteurs retraités Pierre Mazel, Michel Languillat et Jack Mottet.

Le contenu de mon message sera différent des sept précédents dont les thèmes successivement abordés ont été : L’Eglise, dans son histoire, ses responsabilités, sa protestation ; La place que l’Eglise accorde à la prédication, l’édification, l’évangélisation, en postmodernité ;  Conversion, communion, transmission ; Eglise et théologie, Eglise et service, Eglise et politique ; Autorité, soumission et responsabilité dans l’Eglise ; Qu’est-ce que l’homme ? Son  avenir ?  Son  devenir ? et  enfin : L’évangélisation : mission de l’Eglise.

Pour cet antépénultième message, je m’intéresserai aux étapes qu’a franchies notre Eglise en PCAC puis depuis peu en PACCA, entre le synode régional de Cannes en 2004 et aujourd’hui et je ferai part de quelques rêves que j’ai pour elle.

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  1. I. L’hier de notre Eglise en PACCA.

L’hier, n’est pas l’avant-hier, j’entends par là que mon intention n’est pas de remonter dans l’histoire lointaine de l’Eglise réformée dans notre région. J’ai le sentiment que  c’est comme si c’était hier que nos deux derniers synodes régionaux ont été traversés  de turbulences vécues non sans mal par le conseil régional, et son président en particulier. Malaise d’autant plus difficile à surmonter pendant plusieurs mois qu’il n’était annoncé par aucun signe avant-coureur perceptible.
Ces mois qui ont amené le conseil régional à se remettre en question, à faire son autocritique, m’incitent  à  inviter notre Eglise à ne pas donner de lendemain à cet hier-là.

Certes un conseil régional, quel qu’il soit et quelle que soit la région qu’il gouverne, n’est heureusement pas à l’abri de critiques. Mais dès lors qu’elles sont justifiées et pour qu’elles puissent être constructives elles doivent être formulées dans un dialogue vrai.

Pour y parvenir, il faut d’abord que nous nous fassions confiance les uns les autres. Si la confiance n’est pas  la règle de notre vivre ensemble le régime presbytérien - synodal, alors  qu’en sera-t-il de la sincérité de nos débats d’idées, débats théologiques et ecclésiologiques ?
La marque de la confiance, c’est une parole qui se libère à temps, et ne s’enferme dans un non-dit entretenu avant d’éclater à contre-temps.

Vous le savez tous, mais cela ne fait pas de mal de le rappeler, dans l’Eglise il n’y a ni enjeu ni prérogative à défendre, ni pouvoir à conquérir.

Les membres d’une association cultuelle qui ont élu un conseil presbytéral s’engagent, avec l’ensemble de l’Eglise locale, lors de la reconnaissance liturgique de son ministère à  prier pour leurs frères et sœurs élus et à les soutenir. Il en est de même pour la communauté d’Eglise présente lors du culte synodal au cours duquel est reconnu le ministère du conseil régional.
Si nous oubliions ces engagements-là, si nous faillissions dans notre confiance envers les conseils que nous avons élus et envers les ministres qui sont donnés à notre Eglise, si nous ne libérions pas notre parole à temps, autrement dit si nous ne parvenions pas à vivre l’exigence de l’Evangile, alors il ne faudrait pas nous étonner d’être peu crédibles dans notre témoignage.

Un jour Jésus a dit, à ses disciples soucieux de savoir qui était le plus grand parmi eux, qu’au contraire de ce qui se passe ordinairement dans la société des hommes, ceux qui voulaient devenir grands, se voir confier des responsabilités importantes, ou, dirait-on aujourd’hui, de gouvernement d’Eglise à quelque niveau que ce soit, ce qui est notre cas à tous dans ce synode, devaient devenir serviteurs. C’est ce que nous essayons tous de mettre en application, n’est-ce pas, dans les conseils presbytéraux comme  au conseil régional. Nous sommes avant tout au service des hommes et des femmes que Dieu nous confie.

Je tourne maintenant la page,  je ne la déchire donc pas, pour rappeler rapidement ce qu’a été également l’hier dans notre région.

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Conférence régionale. Etat des lieux. Chantiers.

Un bon nombre d’entre vous qui étiez déjà délégués l’an dernier estimera que le récapitulatif que je vais faire est de la redite et chacun, en délégué consciencieux, ajoutera qu’il ou elle l’a lu dans plusieurs textes du cahier pré-synodal. Cela est juste mais il m’importe pour notre travail synodal de rappeler cette démarche dans laquelle nous nous sommes lancés pour deux ans. 
La conférence régionale du printemps 2004, qui regroupait, comme les précédentes, la coordination régionale, les équipes régionales et le conseil régional  a axé sa réflexion sur quatre thématiques : la catéchèse, la diaconie, la communication et le tourisme.
Cette conférence a également fait apparaître de manière plus nette encore qu’au synode régional de Menton en 2002, consacré comme tous les trois ans essentiellement à la vie régionale, les difficultés de fonctionnement du dispositif d’animation régionale mis en place par le synode régional de Carqueiranne en 1996 : une coordination régionale élue par le synode et des équipes régionales nommées par le conseil régional et dont le vis-à-vis était à la fois le conseil régional et la coordination régionale.
La conférence régionale tout en considérant que les quatre thématiques : catéchèse, diaconie, communication et tourisme devaient être des priorités a retenu comme chantier pour les années à venir : la catéchèse et la diaconie.
Dans le même temps, le conseil régional décidait, dans la perspective du synode de novembre 2005 dont l’essentiel devait porter sur la vie régionale, de faire procéder à un état des lieux de la région et en particulier des Eglises locales.
Le synode de novembre 2004 à Cannes a pris acte de l’ouverture de l’état des lieux et des deux chantiers : catéchèse et diaconie. Le synode de novembre 2005 à Salon de Provence a pris connaissance du rapport sur l’état des lieux, en a débattu et pris une décision qui porte le numéro 16 que les conseils presbytéraux, conseils de consistoire et le conseil régional se doivent d’appliquer.
Le synode électif du 1er avril à Sanary-sur-Mer a poursuivi la réflexion entreprise par le synode régional de Salon-de-Provence  avec un travail sur l’évangélisation comme mission de l’Eglise.
Il restait au conseil régional, après toutes ces réflexions, débats et décisions synodaux, à définir un projet régional et un projet d’animation régionale qui à la fois participe de  l’organisation  du projet régional et réponde aux attentes et projets des Eglises locales et consistoires tels que soulignés dans la Décision 16 du synode régional de Salon de Provence sur la vie régionale.

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II. L’aujourd’hui de notre Eglise en PACCA

Le projet régional retenu par le conseil régional est donc l’ « Evangélisation par la catéchèse d’adultes ». C’est un choix. Le conseil régional aurait aussi bien pu retenir l’évangélisation par la diaconie. Certaines Eglise locales ont d’ailleurs entamé une réflexion sur la diaconie que nous ne pouvons qu’encourager car il s’agit d’un domaine dans lequel nous ne portons pas suffisamment nos efforts. Et le forum sur la diaconie du 13 mai a été très précieux pour cela.

Nous allons consacrer une bonne partie de notre synode à ce projet régional qu’il ne sera évidemment pas question d’imposer aux Eglises locales. Mais, par ailleurs, plusieurs n’ont pas attendu ce synode pour expérimenter la catéchèse d’adultes. Il s’agira pour chacun d’entre nous et tout particulièrement pour les délégués des conseils presbytéraux et ministres de mettre en discussion et en débat ce que les uns et les autres nous mettons derrière des mots comme évangélisation, apologétique ou catéchèse. Exercice indispensable pour prendre goût à l’évangélisation en général et à la catéchèse d’adultes en particulier.

Notre synode se donnera également du temps pour l’étude du projet d’animation régionale. Le conseil régional a pris en compte la décision du synode de Salon-de-Provence de suspendre le fonctionnement de la coordination régionale, à la demande de ses membres. Mais il a considéré qu’il manquait du temps nécessaire pour présenter devant ce synode-ci, une complète redéfinition du cahier des charges de la coordination régionale et une proposition  quant à son mode de nomination, soit  par le conseil régional comme ce fut le cas entre 1990 et 1996 soit par le synode régional.
En conséquence, le projet d’animation régionale n’inclut pas de substitut à la coordination régionale mais reste cependant pleinement inscrit dans la démarche Edifier-Former-Témoigner-Servir.

Comme vous avez pu le lire dans les lignes introductives, ce projet d’animation régionale, comme le projet régional sur l’évangélisation par la catéchèse d’adultes, sont proposés au synode pour une période de trois années. Cela signifie par conséquent que des évaluations seront prévues à l’occasion des synodes régionaux de 2007 et 2008. Ces évaluations permettront, en particulier, de relever si l’animation régionale nécessite la remise en fonction d’une coordination régionale à nouveau élue par le synode ou nommée par le conseil régional.  Si les synodes de 2007 puis de 2008 dont je rappelle qu’il sera consacré pour l’essentiel à la vie régionale, conviennent qu’une coordination est nécessaire pour répondre à un manque dans l’animation régionale et décident de mettre un terme à sa suspension  pour l’élire à nouveau, alors elle le sera par le synode électif du printemps 2009.
En revanche, si ces mêmes synodes estiment qu’une coordination régionale élue par le synode régional ou nommée par le conseil régional n’est plus nécessaire, alors ils décideront, au plus tard en 2008 de supprimer la coordination régionale suspendue depuis le 1er avril 2006.
Cela n’empêchera  toutefois pas un prochain synode d’imaginer la création d’une instance régionale élue qui corresponde à un besoin particulier, pour un temps déterminé.
Ce qui importe dans tout cela c’est que le synode assume et accompagne les instances qu’il doit élire ou qu’il décide d’élire pour le bon fonctionnement de ses projets. Ce qui importe c’est que tout ce que le synode met en place s’inscrive pleinement dans la dynamique du système presbytérien synodal afin que tout le monde s’y retrouve. Ce qui importe c’est la recherche d’une  cohérence. Ce qu’il faut absolument éviter c’est la tentation de mettre en place une usine à gaz dans laquelle tout le monde se perd.

Le projet d’animation régionale que le conseil régional présente devant le synode, sans remettre en cause fondamentalement l’animation régionale existante, essaie de la rendre plus efficace. Les équipes régionales, les commissions ad hoc, les commissions techniques, le quadrige ou la vigie, sont ensemble au service de projets locaux, consistoriaux et régionaux qui tous ont pour objet l’édification et la formation des membres de l’Eglise et le témoignage et le service qu’ils rendent par l’évangélisation.

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    III. Le demain de notre Eglise en PACCA

Permettez-moi, pour cette dernière partie, de dessiner à grands traits quelques rêves que je fais pour notre région et dont je souhaiterais qu’ils ne soient pas consignés au rang d’utopies. J’en ai partagé certains avec le conseil régional, d’autres me sont plus personnels.

Je pars du principe, je considère comme acquis, que le corps pastoral de notre région est constitué de ministres formés par des facultés de théologie de très bon niveau, qui continuent à lire des ouvrages théologiques et suivent régulièrement des stages dans le cadre de la formation pastorale continue. Ainsi  sont-ils bien équipés pour accompagner les membres de leur Eglise dans leur formation et cheminement biblique et théologique indispensables à tout témoignage et service individuels et communautaires. Les rêves, espérances dont je vais faire état  n’auraient donc pas lieu d’être si l’ensemble de nos Eglises locales n’avaient pas, avant tout, comme priorité leur édification et leur formation. Or je veux croire que des efforts sont accomplis dans ce sens en permanence dans l’ensemble de la région PACCA.

Je rêve d’évangélisation parce que ma jeunesse, mes études, mes engagements dans les oeuvres et mouvements puis mon retour dans le ministère pastoral ont été marqués par un profond attachement à une annonce de l’Evangile qui ne craigne pas d’imaginer des formes originales et nouvelles de présence  de l’Eglise. C’est pourquoi je fais toujours mien le dernier rapport de la Commission Générale d’Evangélisation au synode national d’Annecy en 1992, que je citais dans mon message au synode du 1er avril dernier .

 Voici de quoi la Commission Générale d’Evangélisation avait été chargée. Extraits : 
-  «d’annoncer la Bonne Nouvelle dans la mobilité qui bouleverse les repères et révoque les
certitudes,
- de l’annoncer à des hommes et à des femmes qui, devant une réalité fluctuante et fragmentée, se sentent souvent étrangers aux valeurs de cette société et s’identifient parfois mal à l’Eglise ».
Elle était aussi préoccupée
- « d’offrir des lieux de confrontation. Si l’Eglise ne veut pas seulement répondre aux questions urgentes de l’actualité mais si elle veut participer au débat que doit engager une société réellement démocratique, en posant les questions que lui pose l’Evangile, ces lieux et occasions sont indispensables… »

Enfin elle soulignait que « l’entreprise d’évangélisation doit être en mesure d’accompagner les mouvements et flux qui traversent ce temps et cette société (celle de 2006  n’est pas mieux lotie que celle de 1992) et l’Eglise et son témoignage ne peuvent se laisser enfermer dans des lieux précis, fussent-ils historiques, fussent-ils chargés de sens ».

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Je pense qu’il nous faudra, dans un avenir proche réimaginer une instance (synodale parce que c’est l’ensemble de notre Eglise qui devrait  s’en sentir responsable) qui pourrait ressembler à ce que fut la commission régionale d’évangélisation

-  qui accompagne la mise en œuvre de projets initiés par des Eglises locales tels que la présence dans la vallée de l’Arc et à St-Maximin  organisée par la paroisse d’Aix-en-Provence et  le projet de présence missionnaire de l’Eglise réformée en Corse, en particulier à Ajaccio,
-  qui encourage l’avancement de projets et leur mise en route tels qu’à Sophia Antipolis, dans la vallée du Var et dans le bassin d’emploi de Brignoles.
-  et qui stimule les Eglises locales et consistoires dans leur réflexion sur leur ouverture nécessaire sur de nouveaux lieux de vie.

Je rêve que le plus grand nombre des 10 000 foyers connus de notre Eglise,  représentant au moins 30 000 personnes viennent renforcer les 3 500 membres des associations cultuelles. Membres dont la qualité, compte tenu des engagements spirituels et matériels qui leur sont demandés, n’est pas comparable à celle d’adhérents d’associations culturelles. Ainsi les assemblées générales seront-elles beaucoup plus représentatives des membres des Eglises locales dans leurs décisions et à l’occasion de l’élection des conseils presbytéraux. Ainsi, le nombre de participants à la vie financière locale, qui s’élève aujourd’hui à 4 000, augmentera.
Ainsi les projets seront-ils encore plus nombreux. Ainsi l’Eglise dans son ensemble profitera-t-elle de nouvelles  dynamiques locales.

Je rêve d’une Eglise solidaire. Je rêve que les Eglises locales qui disposent de plus de richesses que d’autres en hommes et femmes, en argent et en biens immobiliers exercent une vraie solidarité avec celles qui  disposent de moins de moyens. C’est seulement à travers de tels gestes que l’on se reconnaît comme appartenant à une même Eglise et que des projets impossibles deviennent possibles.
Je rêve que les Eglises de notre région ne reculent pas mais progressent dans leur solidarité avec les Eglises de l’hémisphère Sud dont le DEFAP  et la CEVAA sont les services que nous avons mis en place pour rappeler en permanence  les liens indéfectibles  que nous avons tissés avec elles.

Je rêve d’une Eglise qui prenne à bras le corps par ses actions diaconales, aux côtés d’associations caritatives et humanitaires, la lutte contre une paupérisation grandissante. Je citerai  à titre d’exemple : Marseille dont 23 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et la Corse  où, malgré des taxes plus basses que sur le continent, la cherté de la vie appauvrit une population de plus en plus importante.

Je rêve d’une Eglise qui localement et consistorialement retire tout le bénéfice de la dynamique de ses synodes et camps de jeunes. Je rêve que toutes les Eglises locales de notre région s’emploient à faire de la place aux questionnements de leur jeunesse et aux initiatives dont elle est capable.

Enfin, mais je pourrais ne pas m’arrêter là, je rêve d’une Eglise qui au nom de son obéissance au Dieu de Jésus-Christ et à son Evangile refuse courageusement de s’accommoder des risques que peut faire courir, dans une région très sensible, une idéologie qui fait son fond commerce de la xénophobie, du racisme et de la préférence nationale. L’Observatoire des idées et comportements xénophobes et racistes est un outil qu’il faudra rendre efficace pour cela.

Voilà quelques attentes fortes que j’ai pour mon Eglise, en PACCA en particulier et dans l’hexagone en général. Et c’est leur possible mise en œuvre qui m’interdit d’imaginer terminer mon ministère régional en roue libre.

Frères et sœurs, après avoir remercié les membres du conseil régional pour le temps qu’ils consacrent à la gestion et à l’animation de la région, dans des conditions qui ne sont pas toujours faciles, mais c’est le lot de toutes directions d’Eglise que d’être parfois confrontées à des vents contraire, j’aimerais vous manifester toute ma reconnaissance à vous délégués synodaux, ministres et laïcs, pour les engagements qui sont les vôtres au quotidien au service des hommes et des femmes que Dieu place sur notre chemin.

Jean-Daniel Dollfus

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VOEUX
Vœu n° 1 – Lien social
Le synode régional de l’Eglise réformée de France en Provence-Alpes-Corse Côte d’Azur réuni à Gréoux-les-Bains les 17, 18, 19 novembre 2006,
En ayant travaillé le thème synodal de la « parentalité » a pris conscience de la crise du lien social que connaît notre société. Dans cette situation, il ne s’agit pas seulement de mieux vivre en famille, mais aussi de proposer de nouvelles manières de recréer du lien entre les personnes, les groupes, les générations, les catégories sociales, notamment les plus isolées ou marginalisées.
Le synode constate que bien des  initiatives et des réalisations sont portées, dans ce domaine, par les associations d’entraide et les établissements protestants. Il souligne l’intérêt que revêt pour ces associations dans le cadre des rencontres de proximité organisées par les régions de la Fédération de l’Entraide protestante.
Le synode encourage les Eglises locales dans cette dynamique :
en interrogeant leurs propres manières d’accueillir, de faire lien, en particulier avec celles et ceux qui sont isolés.
En invitant les associations protestantes locales (entraide, diaconat, établissements divers) et leurs responsables à présenter régulièrement leurs actions aux membres de l’Eglise.
En entrant en débat avec les autres composantes de la société sur les enjeux de cette crise du lien social et les réponses à y apporter.
53 voix pour

Vœu n° 2 - Prévention de la délinquance
Le synode régional de l’Eglise réformée de France en Provence-Alpes-Corse Côte d’Azur réuni à Gréoux-les-Bains les 17, 18, 19 novembre 2006,
encourage les Eglises, Œuvres et Mouvements de la région, à prendre connaissance des communiqués de la Fédération de l’Entraide protestante et de la Fédération protestante de France, concernant le projet de loi sur la prévention de la délinquance et les invite à les transmettre aux personnes, aux groupes et aux élus locaux concernés par ces questions.
50 voix pour ; 1 contre

Vœu n° 3 – Logement social
Le synode régional de l’Eglise réformée de France en Provence-Alpes Corse Côte d’Azur réuni à Gréoux-les-Bains les 17, 18, 19 novembre 2006,
Conscient du risque que représente pour la société française  un accroissement de la ségrégation sociale par le logement, et conscient du besoin important en logements pour les personnes les plus pauvres,

- demande aux Eglises locales d’être attentives au respect par les communes où la loi s’impose du seuil de 20 % de logements sociaux sur leur territoire, notamment là où les programmes de construction sont engagés.

- Incite les membres de l’Eglise, propriétaire de logements vacants à les proposer en location à des associations d’entraide ou des organismes accompagnant les personnes sans domicile ou mal logées.
53 voix pour

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Résolution n° 3  : Evangélisation par la catéchèse des adultes

I.  Rappel des étapes

En 2004, notre Eglise en PCAC était entrée depuis une quinzaine d’années dans la démarche Edifier-Former/Témoigner-Servir et avait organisé son animation régionale en fonction de cette démarche : coordination régionale - équipes régionales. De nombreux projets régionaux avaient été réalisés dans plusieurs domaines : catéchèse, mission, jeunesse, formation des membres de l’Eglise etc, à l’initiative des instances régionales. Mais notre région, pendant cette même période, n’avait  décidé de la mise en place d’aucun projet commun à l’ensemble des Eglises locales érigé  comme priorité par le synode régional, pour une période déterminée.

C’est pourquoi, en avril 2004 de cette année-là le conseil régional, pour préparer le synode régional de novembre 2005 consacré comme tous les trois ans, à la vie régionale, s’est  reporté à la décision 7 du synode de Menton (2002) et plus particulièrement à la conviction mise en exergue dans son introduction : « Il est prioritaire pour les Eglises locales d’élaborer des modes d’annonce de l’Evangile et de présence de l’Eglise qui engagent l’ERF/PCAC dans une dynamique théologique et une croissance démographique ».

Pour répondre à cette priorité et pour discerner quel serait la thématique à développer qui permettrait aux Eglises locales de répondre ensemble à cette attente du synode de Menton, le conseil régional a décidé de faire procéder à un « «état des lieux » de la région : Eglises locales, finances, postes pastoraux dans le contexte démographique, économique, social et culturel des deux régions administratives PACA et Corse. Etat des lieux à la suite duquel serait envisagée l’élaboration d’ un projet régional à mettre en œuvre sur une période à déterminer. Pour ce faire, le conseil régional a nommé une équipe de quatre personnes : Anne Troadec, Jean-Claude Cadier, Pierre-Yves Debrenne et Marc-André Décaillet.

Le conseil régional a reçu l’équipe « état des lieux » à six reprises entre les synodes de novembre 2004 (présentation de son cahier des charges) de novembre 2005 (présentation de son rapport) et de novembre 2006 (présentation du projet régional par le conseil régional).

Tout le travail de l’équipe « état des lieux », les débats synodaux de novembre 2005 (Salon-de Provence) et d’avril 2006 (Sanary-sur-Mer) ont apporté de multiples enseignements sur le potentiel de notre Eglise désormais en région PACCA. Le souci d’une plus grande visibilité de chacune des Eglises locales et par conséquent de la présence de l’Eglise réformée de France a été particulièrement souligné.

Mais, tout en rappelant la nécessité de la mise en œuvre de la décision 16 du synode régional de Salon-de-Provence, le conseil régional, après avoir pris en compte les réflexions synodales et le produit des deux chantiers diaconie et catéchèse, a fait le choix de présenter devant le synode régional de Gréoux-les-Bains le projet régional suivant pour une mise en œuvre pendant une période de trois ans (novembre 2006-novembre 2009)
      

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« L’évangélisation en PACCA par la catéchèse d’adultes »

II. Le projet. (contribution de Roland Poupin)

Ce n’est pas un scoop de dire que l’Église ne se reproduit pas de façon biologique ! Loin d’un scoop, c’est là un classique du christianisme. Cela dit, on peut être tenté de considérer ce propos comme un de ces bons mots de théologiens - qui n’engagerait pas concrètement.

N’est-il pas temps de sortir de cette illusion - qui ne nous berçait déjà plus ? L’état des lieux régional vient de le souligner : l’Église décline, en quantité j’entends. Et j’entends aussi déjà les «qu’importe » des chantres de la qualité - j’y reviens.


De l’utilité de quelques distinctions


Reste, quoi qu’il en soit, que l’état des lieux nous interroge sur la question de l’évangélisation. Non pas en tant qu’il s’agirait d’un moyen de remédier au déficit quantitatif que nous constatons ! Parlons plutôt de… « symptôme ». En ce sens que s’il est vrai que l’Église ne se reproduit pas de façon biologique, la diminution du nombre des croyants engagés nous interroge. Et elle nous interroge notamment sur la façon dont nous vivons cet aspect essentiel de notre foi : la parole qui nous fait être nous échappe - relevant d’autres cercles que ceux de la biologie, ou de la nature en général, ou de quoi que ce soit qui puisse être à notre portée ou en notre pouvoir. Comment  vivons-nous cela ? Comment dire cette parole qui nous fonde et sur laquelle nous n’avons pas prise ? Soulignons que poser cette question, à partir de l’état des lieux, ne signifie pas préjuger de la réponse, d’autant qu’il ne faudrait pas que la réponse éventuelle fasse imaginer que la vocation de l’Église serait de faire nombre !


Mais force est de constater qu’en matière d’évangélisation, les conséquences de cette conviction - la parole qui nous fait vivre nous échappe - restent floues. Cela en lien avec ce qu’un certain nombre de distinctions nous semblent peu évidentes. Comme entre évangélisation et diaconie, ou encore entre évangélisation et apologétique (c’est-à-dire tout simplement, mais en termes techniques, «défense de la foi »).

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Évangélisation et diaconie

Je passe rapidement sur la distinction, que j’admettrai comme établie pour tous, entre évangélisation et diaconie.

La tentation de la confusion entre évangélisation et diaconie est pourtant récurrente. Cette confusion s’établit de la sorte : puisque la diaconie (qui n’est certes pas facultative) permet de montrer un visage accueillant d’une Église se conformant ainsi à certaines exigences bibliques et évangéliques, elle est déjà évangélisation tacite. Cela dit, il a souvent été remarqué que des organismes non-chrétiens rendent des services équivalents, faisant que si l’on veut que le fondement évangélique de notre diaconie soit perçu, il faut bien donner quelques signes plus précis, voire même quelques mots — ce qui ne manque pas de laisser subsister un certain embarras : notre entraide suppose-t-elle cette façon… d’être monnayée par une parole subsidiaire ?

Il me semble que le fond de cette confusion-là, entre évangélisation et diaconie, relève d’une confusion bien plus fondamentale : la confusion entre évangélisation et apologétique.


Évangélisation et apologétique

Évangéliser (verbalement) serait expliquer que nos croyances sont tout à fait, non seulement caritativement parlantes, mais aussi… « modernes », ou aujourd’hui « post-modernes », et que même elles reviendraient à la mode, que la science la plus récente irait dans notre sens, etc. Vous connaissez cela, et je n’en conteste nullement l’utilité. Reste que cela ne relève pas de l’évangélisation, mais de l’apologétique, que l’on pratique à la façon de M. Jourdain et de sa prose : sans le savoir. Où non seulement je n’en conteste pas l’utilité, mais je regrette que les chaires d’apologétique aient eu tendance à déserter un temps nos instituts de formation, ce qui n’est peut-être pas sans lien avec cette façon de M. Jourdain, et avec cette confusion avec l’évangélisation.

Confusion dommageable dans la mesure où l’évangélisation consiste, non pas à rendre l’Évangile assimilable, intelligible ou au goût du jour (ça, c’est le rôle de l’apologétique), mais au contraire à poser dans toute sa clarté ce que le Nouveau Testament appelle sa réalité scandaleuse !


L’Évangile comme scandale

Où un nouveau piège se présente - peut-être en rapport avec le grand manque de scandale de notre temps religieusement correct - : ce nouveau piège se trouve en ce que l’excentricité, par quoi on peut désigner ce qui scandalise… les autres, est devenue une valeur esthétique certaine. Et où donc, on risque de confondre le vrai scandale de l’Évangile avec ce qui « choque le bourgeois », qui est nécessairement l’autre - jamais moi.


Ce point est peut-être essentiel - comme signe de notre courage évangélique. Gageons que s’il n’y avait eu de sa part qu’apologétique, sous forme rationnelle ou diaconale, Jésus n’eût pas été crucifié. Gageons de même, dans un ordre moins radical, que Paul se limitant à l’aspect apologétique de son discours eût reçu l’approbation enthousiaste des philosophes d’Athènes. Et non seulement d’eux, mais des paroissiens établis de la Corinthe voisine, qui jugeront sa prédication imbuvable. Face à cela, la tentation de tout prédicateur - qui préfère naturellement les compliments à la sensation d’un malaise et à la résistance à ses propos - sera d’arrondir les angles, d’atténuer le scandale ; ou de le cantonner au domaine esthétique de cette si moderne « excentricité » institutionnelle.

Où j’ai parlé de courage, de courage évangélique. Face non seulement à un monde qui n’entend pas être remis en question, mais aussi face à une Église déjà là qui ne s’enthousiasme pas beaucoup plus d’entendre un Jean-Baptiste la tancer en des termes comme : « repentez-vous ! » n’entend-on pas aujourd’hui la clameur générale qui professe en avoir marre de se repentir ?!

Tout sera bon pour refuser le scandale que pose l’évangélisation - fût-ce par la catéchèse d’adultes - : depuis le classique : « trop simpliste » (qui accompagne la tentation de dire combien nous sommes modernes) ; en passant, à l’inverse, par le non moins classique : « ce que vous dites est trop compliqué » (Festus à Paul : « ton grand savoir te fait déraisonner » - Actes 26:24) ; jusqu’au : « votre discours est trop moralisant » (et de toute façon « qu’ai-je besoin de me repentir ? - je suis fils d’Abraham »).

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L’évangélisation comme risque.

Où apparaît aussi que la réticence la mieux conçue au choc de l’Évangile pourrait être, c’est aussi un classique depuis Corinthe, dans le chic de l’Église en place, chez ceux qui n’entendant pas s’en laisser compter, se posent aussi en régulateurs d’une parole un peu trop sauvage tout de même…

Et attention, en outre, à notre propre voix intérieure qui pose notre résistance propre. N’avons-nous pas été tentés de modifier une prédication dont on sentait bien qu’elle ne nous attirerait pas que des compliments ? Pas assez… « apologétique » au fond !

Or c’est là qu’il va falloir chercher et dire le vrai scandale à ne pas éluder : une parole qui nous attirerait des félicitations, même fondées, mais qui ne bouleverserait rien, sera-t-elle annonce de l’Évangile ? - et quand je dis « bouleverser », j’inclus naturellement ce bouleversement imperceptible que produit la graine de la parabole, dont on ne voit pas d’effet immédiat !

Ce qui ne revient naturellement pas à une espèce de plaisir de se savoir rejeté, mais à être conscient de ce que le renouveau de vie radical promu par l’Évangile suppose rupture,… conversion ! N’oublions pas qu’il s’agit, par l’Évangile, de dépossession de soi - ce qui est d’un prix infini, exprimé dans la mort du Christ, symbolisé dans le rite (mais facilement en horreur aux raisonnements, fussent-ils apologétiques), ou dans un vocabulaire parfois abscons (genre « mort pour nous », « sacrifice unique et parfait », etc., que l’on rend creux à force de n’en conserver que les formules).


Parole fondatrice de nos êtres.


Ne reste pas moins de cela que recevoir la vie du Ressuscité, exalté depuis sa crucifixion, nous coûte tout - la croix ou : « renoncer à sa propre vie ». Ou, en d’autres termes, je ne suis pas détenteur de la parole qui me fait être. Je n’entre en relation avec le fond de moi-même, avec Dieu, qu’au prix de tout ce qui me constitue - c’est peut-être là le cœur du fameux scandale : le coût de la gratuité. Qui se traduit, concernant son effet, en termes de « nouvelle naissance » (gare ici aussi aux formules creuses).
Reste que cet Évangile à annoncer ne suscite donc pas forcément l’approbation - y compris de soi-même, comme témoin fidèle quand même et malgré tout.

Ce qui fait que concernant l’évangélisation par la catéchèse d’adultes, le préalable pourrait bien être le suivant : il ne s’agit pas de chercher à dire une parole acceptable - parole qui satisferait le goût, l’intellect ou le désir de se sentir plaisant - ; mais une parole qui, loin de se contenter de combler notre sens esthétique ou rationnel, atteint et bouleverse le cœur de notre être. Une parole qui retentissant d’en deçà de ce que savons de nous-mêmes, provoque en nous la conviction de la nécessité qu’il y a de se convertir. La conviction que notre vrai être n’est pas dans les efflorescences de la vanité auxquelles il s’agit au contraire de renoncer…

Et puisque j’annonçais que je reviendrais au dilemme quantité-qualité : quelle est la qualité d’annonce d’un Évangile qui ne porte pas une telle urgence ? Ou qui ne l’enseigne pas ? Ou qui ne dit pas avec fidélité, en deçà de l’apologétique, une telle parole dans sa rigueur et sa radicalité : n’est-ce pas là, pourtant, la catéchèse - du grec faire écho - qui sera évangélisation ?

On pourrait aussi poser la question sous l’angle du débouché : là où l’apologétique consiste à déboucher sur le constat d’un consensus possible - et il faudra en catéchèse d’adultes, en user aussi -; l’évangélisation elle, débouche sur un point de rupture, une mise au pied du mur : comme le dit la chanson : « et maintenant, que vais-je faire ? »

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Suite à ses débats, le synode régional affirme que l’Eglise est envoyée – en mission – par une Parole qui la précède et qui la fonde ; pour proclamer –par l’évangélisation – cette parole dont elle n’est pas détentrice.
C’est le Ressuscité envoyé par le Père qui nous envoie à notre tour (Jean 20,21). Par son esprit Il nous envoie au cœur du monde comme en lui la Parole a été faite chair, présence aimante qui précède et fonde notre diaconie.
Ce coeur du dévoilement de la vérité qui fonde nos êtres dépasse infiniment nos intelligences, nos capacités et nos œuvres – au point de nous être « scandaleux »  -
Aussi, nous sommes tentés de le réduire à nos schémas au risque d’en évacuer la puissance libératrice. Cantonné de la sorte à une dimension réductrice, l’Evangile apparaît comme culpabilisateur, comme culturellement situé, comme scientifiquement intenable, comme recette idéologique, etc..
L’effort pour faire justice de ces faux scandales-là nous incombe – c’est la tâche de l’apologique, mais cet effort ne saurait se muer en une évacuation du choc de l’Evangile et de sa vérité incommensurable.
Nous sommes appelés à annoncer l’Evangile de la grâce donnée à la foi seule et qui ouvre à la vie de Résurrection.

Reconnaissant la vocation de l’Eglise d’annoncer la parole libératrice de l’Evangile, nous, représentants des Eglises locales réunis en synode régional à Gréoux-les-Bains les 17, 18, 19 novembre 2006
- demandons au conseil régional d’accompagner notre engagement en procédant à un inventaire en vue d’une mise en commun des moyens existants. Une journée sera  organisée qui débouchera sur des propositions d’informations, de formation, etc.. des Eglises et des consistoires de notre région.

60 voix pour

Provence-Côte d’Azur-Corse
34 bd des Platanes – Colonel Louis Gondret 13009 Marseille
Tél. 04.91.17.06.40 -Fax 04.91.17.06.41 - Courriel : erfpcac@wanadoo.fr

SYNODE REGIONAL . 37 ème SESSION:  SANARY  1er AVRIL 2006

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SOMMAIRE (Cliquez sur le titre)

Introduction au sujet synodal 2006 :

Parole, parentalité, espérance : quels repères pour les familles ?

  II .  Parole, Parentalité, Espérance :

Quels repères pour les familles ?

       Démarche  proposée aux Eglises locales ou Associations cultuelles

Telecharger ici le Questionnaire A (format PDF)

Telecharger ici le Questionnaire B (format PDF)

Introduction au sujet synodal 2006 :

Parole, parentalité, espérance : quels repères pour les familles ?

La famille reste un des thèmes majeurs de la problématique actuelle. Le thème de la conjugalité ayant été traité voici quelques années, le synode est appelé cette année à réfléchir sur la parentalité. Père, mère, qu'est-ce au juste et quel est leur rôle respectif ?

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1. Dieu le Père
Le père est une des métaphores préférées pour désigner Dieu. Ce n’est pas un hasard. Le christianisme a vu le jour dans une société patriarcale. Depuis, la société a changé et ce changement affecte dans le même mouvement l’image du père et celle de Dieu.
Dans l’Ancien Testament, la paternité de Dieu est présente mais moins que sa représentation comme roi, ou encore comme époux. C’est que dans la société nomade, puis sédentaire, de l’Israël avant Jésus Christ, la place du père en tant que chef est indiscutée. C’est Jésus qui reprend avec prédilection l’appellation de Dieu comme père et nous l’enseigne dans la prière qu’il nous a léguée. Voir Dieu comme père nous permet d'en appeler à sa sollicitude, voire sa responsabilité à notre égard.

2. L'image traditionnelle de la mère
La mère est présentée traditionnellement comme bonne, dans l'Ancien Testament la femme acquière sa dignité par le fait de devenir mère, être stérile est une malédiction. Le christianisme va nuancer cette manière de voir, car désormais la femme est un sujet à part entière devant Dieu, hors toute considération de sa maternité. La mère méchante est projetée dans l'imaginaire collectif des contes de fée sur la sorcière tant il paraît insoutenable qu'une mère puisse vouloir nuire à son enfant. La bonté semble dans la nature même de la maternité. Elisabeth Badinter a remis en question cette notion d'instinct maternel pour montrer à quel point la relation mère-enfant est marquée culturellement . Qui dit, "marqué culturellement", entend que cette relation peut varier dans le temps, selon les configurations et les valeurs de la société du moment.

3. Remise en question du père
Freud a inventé le mythe de la horde primitive tuant le père et fondant sa civilisation sur la vénération portée ensuite à ce même père mort, vénération créatrice de religion. La « mort de Dieu », mal comprise, a destitué le père de son rôle de gardien de la Loi. Comment les pères ne seraient-ils pas déstabilisés dans leur rôle de père ? Comment les fils pourraient-ils devenir pères à leur tour – ce qui passe par l’affrontement - s’il n’y a personne à qui s’affronter.
Aujourd'hui, même si un père dur et autoritaire peut encore exister ci et là - je ne parle que de notre société occidentale - l’absence ou la démission des pères apparaissent de loin prépondérantes. Il semble y avoir une faille entre la génération des pères et celle des fils. Y a-t-il moyen de trouver une troisième voie entre le "tout" et le "rien" autoritaires ? Où est-elle donc passée, cette autorité d'antan ? Et si la démission des pères n'était qu'une forme pervertie du désir d’emprise sur l’autre ? Du genre : « puisque je ne peux pas exercer le pouvoir sur toi, débrouille-toi tout seul.»
Dieu ne demande pas à Abraham d’abandonner son fils, ni de fuir son rôle de père, mais il réclame l’abandon de la position de pouvoir qui empêche le fils de devenir adulte. Couper les liens suppose qu’il y ait lien.

4. Dieu comme mère ?
Autorité, responsabilité, pouvoir, lien affectif, comment tout ça se noue ?
On a beaucoup écrit sur le côté féminin de Dieu comme on écrit maintenant beaucoup sur le côté féminin de l’homme et dans un cas comme dans l’autre il peut s’agir soit d’une subversion de l’exercice du pouvoir soit d’une confusion des genres.
L’homme est certes biologiquement plus fort que la femme -du moins statistiquement - et le père est traditionnellement celui qui exerce l’autorité. Mais le fait d’exprimer toujours le pouvoir, la force et la combativité par des images masculines, pour ne pas dire phalliques, et la miséricorde et la grâce par des images féminines, fait que nous finissons par oublier qu’il s’agit malgré tout de métaphores.
Pourquoi un Dieu miséricordieux serait-il féminin ? De même : un homme ou un père tendre, pourquoi serait-il féminin pour autant ? Pourquoi le père représente-t-il dans la littérature psychanalytique toujours le rôle de la Loi alors que la mère est associée au désir fusionnel ? Certes, il s’agit de positions symboliques pouvant être occupées théoriquement aussi bien par une femme que par un homme. Mais les mots que nous utilisons pour le dire sont sexuellement marqués et nous enferment malgré nous dans une vision mentale stéréotypée. Le pouvoir s'exerce d'abord par la langue.

5. Le travail maternel
Dans l'image d'Epinal traditionnel, la mère reste à la maison, parfaitement disponible pour accueillir aussi bien le père qui rentre harassé du travail que les enfants qui reviennent fatigués de l'école. Elle est là pour consoler, soigner, nourrir, le tout dans la bonne humeur. Image idéalisée, certes, mais aujourd'hui il n'y a même plus d'image d'Epinal. Les mères travaillent et non seulement il n'y a plus personne à la maison pour accueillir les autres, mais elle-même a besoin d'être accueillie, consolée, choyée. Cette place est tout simplement laissée vacante.
Nos enfants sont déboussolés. Car, faut-il le rappeler, l’enfant n’est pas un adulte miniature, il est un enfant ! Il doit passer par une longue période de développement et d’apprentissage physique, psychique et intellectuel, avant d’être capable d’affronter la vie en adulte responsable. La constellation traditionnelle -d’une mère qui soigne et d’un père qui pose la loi - peut être déconstruite et recomposée différemment. La mère peut agir davantage en instance de loi et le père procurer les soins prévenants. Mais il faut bien que quelqu’un joue ces rôles ! Non seulement il est plus difficile de les cumuler faute d’un des deux parents, mais quand l’un et l’autre se défilent devant la tâche, le destin de l’enfant est sérieusement compromis. Heureusement il y a parfois d’autres adultes qui peuvent pallier l’absence parentale pour permettre à l’enfant de poursuivre son évolution. C’est ce que Boris Cyrulnik nomme la « résilience » . Mais le problème est que nous avons quasiment fait de l’absence parentale la norme de notre société.

6. La Bible valorise le symbolique
Dans la Bible, remarquons d’abord que jamais on ne voit Jésus accueilli dans une famille correspondant à notre idéal "judéo-chrétien" : père-mère-enfants-éventuellement grand-parents… Marie, Marthe et Lazare sont frère et sœurs, rien n’est dit de leurs parents ni pourquoi ils vivent ensemble (Jn 11). Pierre a bien une belle-mère, mais on ne parle pas de sa femme (Mc 1.30). Jésus bénit des enfants mais rien n’est dit de leurs parents (Mt 19.13). Et quand sa mère Marie vient le voir pour lui parler, il n’est pas vraiment tendre à son égard (Mt 12.46). Sa remarque pour la remettre à sa place tend à valoriser la parenté spirituelle au détriment de la biologie. Ailleurs il prévoit des disputes intrafamiliales au sujet de la foi (Mt 10.35) Là aussi nous voyons que la relation à Dieu prime sur la famille. La même chose valait déjà pour Abraham devant quitter d’abord son père, puis se séparer de son fils.
Remarquons que si Jésus appelle à quitter père et mère pour le suivre, c’est à l’adulte qu’il s’adresse, pas à l’enfant.

7. Biologie "sacro-sainte" ?
Si les textes bibliques valorisent la parenté symbolique au détriment de la parenté biologique, la tendance actuelle va en sens opposé.
C'est comme si on avait si bien remis en question la parenté biologique au nom du symbolique que le biologique ne peut plus fonctionner comme support du symbolique - du coup le symbolique s'effondre et l'on s'accroche à nouveau au biologique.
Si jusqu'ici la paternité biologique était toujours suspectée, thème de tant de farces et comédies, la recherche ADN permet aujourd'hui une certitude absolue à l'insu même des intéressés.
Comment se positionner face à cette tendance ? Faut-il la soutenir et réaffirmer haut et fort les lois de la nature ? Ou faut-il au contraire en dénoncer l'impasse pour valoriser l'engagement des humains, les uns envers les autres ?

8. Famille et transmission
Et une fois que nous savons, comment articuler biologie et relation d'alliance, qu'en faisons-nous ? Que transmettent les parents à leurs à leurs enfants : des gènes, du savoir, un genre de comportement, une vision du monde… ?
Deut. 6, 4-7 dit : « Ecoute, Israël! L’Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel. Tu aimeras l'Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces commandements, que je te donne aujourd'hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. »
La foi ne se transmet pas, mais les commandements si. Mais sommes-nous encore en mesure de discerner des commandements à transmettre ?
C’est que les parents eux-mêmes sont déboussolés. La remise en question de l’autorité les a privés de figures d’identification. Celle par Freud de l’image de Dieu comme père en tant que projection de nos désirs infantiles, et l’insistance de Barth sur le Dieu « Tout-Autre », ne nous permettent plus de nous réfugier purement et simplement dans un monde religieux dorlotant. La perte de repères se généralise, parents comme enfants ont du mal à trouver leur place dans un monde de la confusion des valeurs. Et quand tout se vaut, c’est le plus fort qui finit par dicter sa loi.

9. Perspectives
Le thème synodal risque de provoquer d'emblée le ricanement de la société civile, tant la "famille" est marquée dans notre histoire par un teint de moralisme conservateur.
Mais malgré le conservatisme traditionnel de la morale religieuse, le pouvoir subversif de la bonne nouvelle persiste. Et l’image pour le moins équivoque de la famille, mettant l’accent sur la primauté de la relation à Dieu et une relation interhumaine plus spirituelle que biologique, a permis, chemin faisant, de remettre en question une identité familiale beaucoup moins évidente que les moralistes voudraient nous le faire croire. La famille – comme toute structure humaine – ne saurait être facteur de libération individuelle que si elle se sait redevable de la liberté que confère la foi en Dieu, si elle renonce à la tentative de maîtrise et de pouvoir sur d’autres. Il ne faut donc pas nier le pouvoir conservateur et à l’occasion oppressant d’une certaine morale chrétienne, mais il faut souligner du même coup que la Bible nous offre en même temps les moyens pour la remettre en question pour construire des relations moins contraignantes dont les formes restent toujours à définir à nouveau. Car la famille reste le lieu privilégié où se construit l’identité du futur adulte et nous avons la responsabilité de construire ce lieu de telle sorte qu’il soit viable et vivable, à la fois eu égard aux contraintes de la vie moderne et à la liberté à laquelle nous sommes appelés par Dieu.
Waltraud Verlaguet

  II .  Parole, Parentalité, Espérance : quels repères pour les familles ?

         Démarche  proposée aux Eglises locales ou Associations cultuelles

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Une transition : « La famille reste le lieu privilégié où se construit l’identité du futur adulte et nous avons la responsabilité de construire ce lieu de telle sorte qu’il soit viable et vivable, » ceci  nous  a été dit par Waltraud Verlaguet. La famille est « un des lieux décisifs du témoignage chrétien ou mieux du service chrétien pour la société sécularisée qui est la nôtre » nous dit Eric Fuchs. La famille est également le lieu de détresses diverses…
Que peut-on penser ? Que proposer ? Comment approfondir ?

Nous souhaitons entrer avec vous dans  une double démarche :

  1. par une consultation large, avec un questionnaire individuel,
  2. et dans une consultation des conseils avec un questionnaire de groupe.

Les Moyens  sont essentiellement:
- un dossier allégé,
- un questionnaire A, individuel,
- un questionnaire B, de groupe pour CP.

1. Pour ce qui est du dossier allégé
   Nous sommes  conscientes du surcroît de réflexion que le sujet synodal apporte chaque année dans les conseils presbytéraux. Comme nous l’avons souligné dans le cahier pré - synodal, nous avons souhaité alléger votre tâche. Un cadre minimum reste cependant indispensable pour atteindre  l’objectif d’un rapport synodal qui reflète vraiment les convictions des Associations Cultuelles de notre Région.
Nous vous proposons donc ce dossier allégé comportant les textes des rapporteurs nationaux, et un texte d’Eric Fuchs, professeur honoraire d’éthique à la Faculté de théologie protestante de l’Université de Genève. (cf. bibliographie « L’exigence et le don » p. 153 à 171, Labor et Fides 1995).

2. Pour ce qui est du questionnaire individuel : Le dossier fourni soutient la réflexion et permet le débat. Il n’est pas nécessaire, voire même non souhaitable, de l’avoir consulté pour répondre au questionnaire individuel.
En effet ce questionnaire individuel fait appel aux convictions personnelles et aux ressentis immédiats, voire culturels mais surtout pas à des notions juridiques dans cette étape de recueil des réponses. Il s’adresse à un public ecclésial large. Il a pour objectif de permettre un recueil de données et un type d’analyse relatif à différentes classes d’âge, de sexe, d’engagement plus ou moins grand…etc dans l’Eglise. Quand vous aurez rempli ce questionnaire, ce qui prend une dizaine de minutes au maximum, vous aurez sans doute vos propres conclusions sur ce qu’il tend à saisir. Sachez que nous n’avons pas d’a priori. L’intérêt de ce document  consiste bien sûr dans l’éventail des convictions qu’il sollicite sur la Parentalité, mais aussi dans le nombre de réponses que nous espérons représentatif de la diversité des composantes de nos églises. Travail totalement anonyme pour permettre à chacun(e) d’y inscrire sans réserve ses caractéristiques, sa forme d’inscription familiale, ses positions sur la famille, sur  la Parentalité…
Ce questionnaire est donc à distribuer largement pour que tous ceux qui le peuvent puissent le remplir. Toutes les opportunités de rencontre (sorties de culte, réunions diverses...) sont donc à saisir pour le faire connaître. Vous avez dès aujourd’hui une vingtaine d’exemplaires à votre disposition, par Association Cultuelle. Vous pourrez éventuellement faire le nombre de photocopies nécessaires en cas de demande supplémentaire et d’implication de votre Eglise locale. Ou retrouver ceci sur le site internet régional sur lequel les questionnaires seront en ligne.
Pour les tranches d’âge ado. , les moniteurs, monitrices, pasteurs,  parents… seront juges de la distribution ou non du document partiellement ou dans sa totalité, selon la maturité et le degré d’information des jeunes dont ils sont proches. Vous pouvez tout à fait ne leur proposer que certaines pages (après avoir rempli vous-mêmes le questionnaire, vous comprendrez mieux les comment et pourquoi…)
Nous invitons aussi tous  les conseillers presbytéraux à le remplir, anonymement aussi, de préférence avant d’avoir consulté le dossier synodal  comme nous l’avons déjà dit. Leur, votre participation nous est indispensable car en acceptant la démarche dans cet ordre, vous nous offrez  les réponses de membres engagés de l’Eglise, ce qui enrichit notablement notre réflexion.
Il est à noter que pour la méthode et la succession des réponses, il faut aller au plus simple : les cases sont à cocher dans l’ordre où les questions se présentent, surtout sans être tenté de prévoir la suite ou d’aller voir plus loin.

3. Ceci acquis, le questionnaire B, d’accès très différent, est à destination des Conseils presbytéraux, voire de conseils presbytéraux élargis à des membres intéressés de l’Eglise, ainsi qu’à d’autres groupes de réflexion constitués (comme le « groupe du moulin » à Grasse, et autres réunions présentes dans nos Eglises qui ne manquent pas de lieux d’échanges et de discussions au sens noble du terme).
Pour y répondre à ce questionnaire, cette fois réflexion et  débat sont nécessaires et s’appuient sur  la consultation du dossier synodal simplifié qui vous est fourni aujourd’hui en 2 à 3 exemplaires par paroisse. Vous pouvez bien sûr solliciter autour de vous des personnes ressources qui viendraient apporter aussi leurs compétences dans la prise en compte du sujet.
A la différence du questionnaire A, individuel, le questionnaire B qui vous est spécialement destiné comporte des questions ouvertes. Le ou les feuillets de réponses seront la synthèse de l’opinion de chaque conseil presbytéral ou groupe sur chaque  question posée,  ce qui incite donc à des réponses représentatives de vos débats. Ainsi nous recueillerons vos avis, vos suggestions, vos remarques et nous vous les restituerons  au mieux lors de la  deuxième session de ce synode en novembre à Gréoux les Bains.

Les deux questionnaires seront donc mis en ligne sur le site internet régional, où chacun peut les télécharger pour une diffusion encore plus large.

 Tous les éléments pratiques de la démarche vous sont communiqués sur les feuillets que vous avez en main. Pour toute information complémentaire, nous sommes à votre disposition. Vous avez nos références mail ou téléphonique sur les documents.

4. Le calendrier des réponses est impératif : la date limite est le 30 juin , ce qui ne veut pas dire que nous ne serions pas disponibles pour tout envoi postérieur. Mais vous avez trois mois en CP pour approfondir la question, les quinze derniers jours de juin  permettront l’envoi des réponses libres.

5.  Quant aux modalités d’envois :
Le questionnaire individuel sera envoyé par courrier postal, anonymement, au fur et à mesure par ceux qui l’auront rempli, également avant le 30 juin, à Waltraud Verlaguet.

Le mode d’envoi le plus opérationnel des réponses au questionnaire B est l’envoi internet. Pouvez-vous alors confier cet envoi, dans votre CP, à quelqu’un qui utilise volontiers ce mode de communication ? De la sorte vous nous en faciliterez la synthèse. Sinon bien sûr par courrier postal. Ce questionnaire B, par internet ou courrier à mon adresse donnée en bas de page du Questionnaire  B.
Vous avez chaque fois les précisions d’envoi sur les documents.

6. Complément d’information : (motivation pour le dossier complet)
Vous le constatez d’emblée, ce sujet synodal est un sujet de société qui concerne tout particulièrement nos Eglises composées elles aussi des familles actuelles, aux formes si diverses, inscrites dans des cadres juridiques qui ont dû suivre l’évolution sans forcément répondre actuellement à toutes les nécessités de fonctionnement familial. La Parentalité s’est inscrite aussi dans des compréhensions parfois bien incomplètes, et souvent très approximatives. Elle est parfois incertaine. Elle subit des aléas tellement divers... Alors une Parole, une Espérance, des Repères… Le questionnement est très riche…
Aussi certain(e)s d’entre vous peuvent souhaiter le dossier complet et non le dossier réduit que nous vous fournissons. Ce dossier complet est soit encore disponible aujourd’hui soit à demander au secrétariat régional.

Vous pouvez aussi souhaiter vous informer davantage grâce à la formation à distance de notre Eglise, Théovie  qui a déjà conçu un module « Couple, parents, famille ». Celui-ci vous est proposé, dans le cadre du sujet synodal, à un prix réduit très attractif de 20 euros (au lieu des 85 euros normalement !)  par inscription individuelle et de 15 euros en cas de commande de groupe de 5 personnes pour un travail commun. Des feuilles de commande sont à votre disposition ici, tant individuelles qu’en groupe, mais vous pouvez aussi vous inscrire auprès de nous, Waltraud Verlaguet et moi-même, nous vous inscrirons sur des listes communes que nous nous chargeons de transmettre à Théovie.  

Par ailleurs, une bibliographie offerte en synode par le stand BIBLIA .
Il est cependant nécessaire de feuilleter ces ouvrages pour voir s’ils répondent vraiment à votre recherche… :

Jean-Luc Aubert  « Quels repères donner à nos enfants »
Berger M., Gravillon I. «  Mes parents se séparent »
Biton Dominique  « Sectes, gourous, etc.  »
Brunschwig Hélène « Une famille, ça s’invente »
Buzyn Etty              « Papa, maman laissez-moi le temps de rêver »
Clerget Stéphane     « Séparons nous mais protégeons les enfants »
Delaroche Patrick    « Doit-on céder aux adolescents »
Fabre Nicole            « J’aime pas me séparer »
Fuchs Eric               «  L’exigence et le don »  (chapitre du dossier, puis 
                                     Chapitres divers d’éthique)
Germain S. Wallstein-Gonda E. « Célébration de la paternité »
Nobecourt                « Oser être mère au foyer »

Réforme octobre 2005 « La recomposition familiale »

Information - Evangélisation mars 2001  « Familles, je vous aime »
Information – Evangélisation déc. 1994 « Familles » épuisé
A retrouver dans les bibliothèques personnelles

Une bibliographie mentionnée tout au long des articles du document synodal complet qui peut être consulté sur le site égliseréformée.org dans la Région Ouest.
Vous avez par ailleurs deux articles très intéressants aussi dans le numéro d’Echanges de ce mois d’Echanges d’Avril pages 16 et 17 ainsi qu’une bibliographie  recommandée page 16.

En conclusion :
« Aujourd’hui, la famille est en mutation, ce qui ne manque pas de nous interroger, ou de nous inquiéter.
Face à cette mutation, quelle espérance l’Evangile peut-il apporter ?
Quels regards bienveillants, quelles paroles de bénédiction pouvons-nous poser sur la famille et son évolution… »

Ce questionnement  est introduit par le Pasteur Marcel Manoël , Président du Conseil national de notre Eglise qui rajoute dans une lettre  co-signée par le Pasteur Jean Tartier, Président du Conseil exécutif de l’EELF :
« - nos Eglises pourront-elles confirmer leur volonté d’être témoins d’une parole
      confessante , une parole d’Evangile libératrice dans la société actuelle ?                    

  1. sauront-elles offrir un service à nos contemporains pour les aider à construire et à faire vivre leur famille ? »

De quoi